Lettre aux humains

Le courage de la bienveillance

Mes chers enfants,

Je vous écris du fond de mon âme où il fait bien froid ce soir. J’aurais voulu avoir le courage d’aimer mieux.
La vie est un merveilleux cadeau. Mais il est si long de se trouver.
Que de temps passé à dénouer les nœuds de son histoire pour parvenir, enfin, à l’amour véritable de soi et de son prochain.
Je vous adresse ces quelques conseils afin que vous les partagiez avec vos enfants, vos amis et vos ennemis.

Ne passez pas à côté de la vie. Elle est fugace.
Ne baissez jamais les bras. Fuyez la désillusion et le cynisme.
Embrassez le courage.
Soyez les entrepreneurs de l’avenir, les bâtisseurs du monde dont vous rêvez.
Quand certains détruisent, consolidez et améliorez ce qui existe déjà.
Quand certains tremblent et se cachent, affrontez vos ennemis et vos peurs, prenez le temps de la découverte et de la rencontre.
Quand certains suivent aveuglément des règles sans fondement ou prient chaque jour à la même heure sans savoir ni qui ni pourquoi, comportez-vous dignement, non pas par crainte, mais par conviction.
Quand certains détruisent leur corps et déchirent leur âme, prenez le temps de panser vos plaies.
Quand certains jouissent ou s’enrichissent au détriment de l’autre, en l’utilisant comme un objet, travaillez à vous enrichir ensemble, en vous respectant, en vous estimant.
Partagez vos connaissances, écoutez avant de parler. Soyez assez courageux pour vous taire quand vous ne savez pas. Et apprenez.
Face aux railleries, à l’immobilisme, au pessimisme, persévérez et continuez votre combat.
Soyez conscients que tout extrémisme est le reflet d’une immaturité.
Ne soyez pas esclaves de votre attachement aux objets ou aux croyances, ne soyez pas prisonniers d’une cage de pixels, de tissus ou de métal. Pourquoi s’enfermer quand la vie offre tant d’opportunités ?
Soyez bienveillant envers les vivants. Tous les vivants.
Par faiblesse, ne détournez pas le regard.
Par vanité, n’exhibez pas votre intimité.
Parlez ensemble plutôt que d’avoir peur tout seuls, car la lâcheté tue l’amour-propre et la confiance entre les êtres.
Soyez résolument optimistes, par choix, par conviction.
Soyez bienveillants envers vous-même et envers les générations futures.
Ayez conscience que vous êtes les humains les plus chanceux de toute l’histoire de l’humanité, héritant des succès et des échecs d’une myriade de générations. Jamais aucun autre homme jusqu’à vous n’a profité de tant de richesses, de confort, de sécurité, de soin, de loisirs, de connaissances, de partage.
Parlez simplement à vos enfants, prenez le temps de leur expliquer le monde sans les effrayer. Et surtout, écoutez-les. Aidez-les à développer leur conscience, à être curieux. Donnez leur envie de tout questionner et d’aller chercher des réponses. Apprenez-leur à raisonner et à partager leurs trouvailles.
Expliquez-leur que tout a une cause et que tout a un effet, mais ne les accablez pas. Donnez-leur la possibilité de faire des choix et de changer d’avis plusieurs fois, sans en avoir honte.
Apprenez-leur, enfin, à toujours garder foi en l’humanité.
Alors vos enfants feront mieux que nous. Ils répareront ce que mes parents ont détruit. Ils cicatriseront les plaies que j’ai causées, et ils vous apprendront à vous, leurs parents, à devenir de meilleurs humains.
La vie est un voyage initiatique vers la maturité, vers la liberté d’être soi-même. Mais elle n’a qu’un temps. Acceptez-le avec humilité.
À la fin de votre vie, ne vous demandez pas si vous avez réussi — qui sortirait victorieux d’un tel combat —, mais demandez-vous si vous avez essayé assez fort.
N’oubliez pas de laisser certains de vos rêves inachevés, pour les générations futures.

Mes chers enfants, ayez le courage d’aimer.
Ayez le courage de la bienveillance.